Petite Marie,
 

J'aurais pu t'écrire une carte postale, assis sur le rebord du monde, en te disant que
 je l'aime à mourir ce monde, malgré la corrida, les chauffards, les bruits de guerre 
où l'on attend tournés les hèlicos. Moi je préfère y voir le pas des ballerines,
 un samedi soir sur la terre. 


J'aurais pu écrire à l'encre de tes yeux, pour que tu sois ma dame de Haute-Savoie,
 ma Rosie, ma Lisa, la fille qui m'accompagne. Mais je m'égare, il est temps que
 je reprenne ma place dans le trafic.


J'aurais pu t'écrire à la lueur d'une chandelle, là où il n'y aurais rien d'autre que
les murs de poussière, et la fraîcheur d'une nuit d'octobre. T'écrivant encore et encore,
 je t'aimais, je t'aime , je t'aimerai...

C'est écrit un jour, il y a aura entre nous qu'un jet de sarbacane.

Mais qui suis-je pour t'écrire cela , moi le gitan, l'animal. Je vais aller dormir
debout dans la cabane du pêcheur et peut être y seras-tu petite sirène.


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Bordeaux, le 16/03/2005.