La banlieue d' mon village

 

 

Dans la banlieue de mon village,
Il ne se passe jamais rien,
Les habitants sont hyper sages,
On s'ennuie comme des collégiens.
Pas le moindre gros tracteur en flamme,
Pas la moindre p'tite échauffourée,
Pas le moindre trafiquant de came,
C'est triste, calme à désespérer.

Assis sur les marches de l'église,
Avec les potes on r'garde les filles
Trop méga froide comme la banquise
Et qui du regard nous fusillent.
Pas le moindre petit cour à prendre,
Pas la moindre et douce amourette,
Pas le moindre petit geste tendre,
C'est triste, calme et bien prise de tête.

Dans l'unique bar de mon village,
On s'abreuve de mauvaise bière,
On s'en gargarise l'osophage,
Allez, patron, encore un verre.
Pas le moindre malheureux juke-box,
Pas la moindre modeste chanson,
Pas le moindre petit match de boxe,
C'est triste, calme à donner l'bourdon.

Bien sur y'a bien la fille du maire,
Qu'est belle comme un pot d'géranium,
Mais son arrogant père de maire
Me hurle qu'elle n'est pas pour ma pomme.
Pas le moindre petit brin d'espoir,
Pas la moindre raison d'espérer,
Pas le moindre moment à se voir
C'est triste et calme à en pleurer.

Et la banlieue de mon village
Se vide peu à peu de ses jeunes
Que l'ennui pousse vers d'autres rivages
Et qui rêvent d'une vie plus fun.
Pas le moindre embryon d'regret,
Pas la moindre pointe de nostalgie,
Pas le moindre même infime arrêt,
Une triste et calme hémorragie.

Dans la banlieue de mon village,
Il ne se passe jamais rien,
Les habitants sont hyper sages,
On s'ennuie comme des collégiens.

Jean Pierre